Attachée malgré moi…

Déboussolée par le déroulement des événements, je me retrouve ici après une longue absence. Hésitante à écrire ces mots, je tape bien malgré moi cette histoire déroutante…

Marquer au fer rouge

Les plaies se cicatrisent, le temps passe, la douleur s’efface et je reprends ma vie comme avant.

Puis une envie de me faire du bien.  Un: pourquoi pas! On brise la glace, on passe outre ses principes, pour vivre pleinement sans retenu chaque moment qui nous est donné, parce que la vie est courte et qu’on ne veut plus s’arrêter, se sacrifier…

Boum…. boum…

Par ou commencer quand tout à déboulé d’un coup, trop vite pour moi, encore plus pour lui. Plus on se voyait plus on aimait ça, plus on aimait ça, plus on se voyait…Jusqu’à ne plus savoir c’était quand la dernière fois qu’on ne s’était pas vu…

Comment décrirais-tu ce qu’on vit présentement?

La réponse il l’avait bien en bouche: Une relation amoureuse.

Mais cette relation ne se base sur rien de solide, un départ plutôt éloigné de l’idée de s’accrocher ainsi tant nous sommes bien ensemble. Retenir des mots par peur de leur force. Des mots que l’on ne voudrait pas engageant mais qui le sont.

Prise dans mon propre piège, le désir d’y être encore me transperce la peau, mais la réalité derrière cette idylle est insécure et douloureuse. Débutant sur l’entière liberté individuelle, les données ont changé…

Tomber pour un amant… risqué…

Saute mouton…

Est-ce qu’on peut appeler ça de l’amour?…Je ne sais pas. D’une certaine façon, oui. Alors pourquoi est-ce si douloureux…Ma poitrine se brise si souvent, et le mal, celui qui ressemble à la jalousie, celle que je n’aime pas, m’habite.

Je ne comprends pas bien mes choix ou mes réactions. Qu’est-ce que je me fais subir? Il y a du bien-être, de l’affection, des moments très calme et d’autres surexcités, (et pendant ce temps je recevais un message de sa part), mais il y a aussi tous ces moments, nombreux où le coeur me fait mal, et la difficulté à passer par dessus.

Restes humains

Je suis profondément blessée….et ça, c’est ma réalité et mon problème.

Je me voyais m’enfoncer depuis trop longtemps dans mes idéaux. Un sourire, un espoir, une caresse, un bien-être, une complicité…une belle raclée que je viens de me prendre au visage…

Je regarde  mes restes humains et je cherche ma dignité…

Je cherche la force de combattre mon désir d’y retourner, pour me permettre de quitter avec un semblant de fierté…

Je me perds à trop donner et à ne recevoir que les pots en guise d’intérêt…Je l’ai fait d’abord pour moi, pour ces moments de pur bonheur que j’espérais partager encore, et encore…Parce que la vie était si belle, si légère et si intense à ses côtés…Parce qu’au fond de moi, je l’aimais…Mais aimer une personne qui ne sait pas où elle se trouve est un suicide…

Assise devant ma page, je ne sais comment sortir tout le mépris qui m’habite. La boule qui me serre la gorge m’étouffe en ce moment, car je n’aurai qu’une seule envie, lui parler…Avec le peu de respect qu’il me reste envers ma personne, je resterai muette devant ses propos parce que je suis fatiguée de me faire mentir…La valise est pleine.

En Amour…avec mon hibiscus…

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Je suis là, quelque part…

Après plusieurs mois d’écriture et plusieurs épreuves traversées, je reste muette sur ces pages, peut-être par manque d’inspiration, peut-être par lâcheté…

Mais je suis toujours là, me promenant sur vos blogs, sans être capable de laisser le moindre commentaire malgré plusieurs de vos textes qui me touchent toujours autant. Je ne sais pas si je suis en train de disparaitre vers un monde plus réel, plus réel de quoi? C’était pourtant ma réalité que j’évacuait ici, et la vôtre que je prenait plaisir à lire et à découvrir.

J’aimerai écrire encore, aussi régulièrement, mais je ne sais plus par où commencer.

Je reviendrai poser mes mots bientôt, sans trop savoir quelle forme mes textes prendront, mais je tenais à vous écrire ceci, parce que vous m’avez aidé, apprécié, et comprise pendant mes déboires et mes récits.

Je tenais simplement à vous dire merci, et que peu importe ma route aujourd’hui, je vous garde non loin dans mes pensées, vous tous que je connais de près ou de loin…

À très bientôt chers amis…

De hier à aujourd’hui

Pourquoi toujours ce besoin de marcher sur une corde raide? Me tenant chancelante sur le bord d’un précipice qui m’appartient, contrôlant mon équilibre de peine et misère, je joue continuellement avec ma vie pour ressentir cette adrénaline éphémère. Poussez toujours plus loin ma limite, jusqu’à en franchir la ligne de la moralité. Puis, le malaise qui s’en suit, le doute devant mes actions, doutes inutiles car mes gestes sont conscients et bien souvent prémédités. Conscience débridée, je provoque mes propres chutes, je revêt l’habit du bourreau et me tranche moi même la tête. Je mélange mes fantasmes et ma réalité, vivant au milieu de nul part dans cet univers désordonné, je m’égare. Malgré les premiers signes de faiblesses, je persiste dans cette voie et j’y marcherai jusqu’au point de non-retour. Je sais que je changerai seulement lorsque la situation m’empoisonnera la vie, lorsque j’en vomirai mes tripes, que les crises d’angoisses feront apparitions, que mes nuits entières me serviront à réfléchir. Comme si le simple fait de me remettre en question trop tôt n’aboutit à aucun résultat viable.

Je sens quand même la fin de ces déboires, après plus de trois semaines de questionnement sur ma vie reflétant l’antithèse de mes valeurs. J’ai pris ce chemin pour contrer au manque de mouvement dans mon quotidien. Je me connais bien maintenant, je sais qu’une routine trop singulière m’ennui, que j’ai un besoin continuel de bouger, de varier, de me surprendre…Le tout mêlé d’un besoin irréfutable de solitude…

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Plusieurs semaines plus tard…

Je vis dans l’excès, et mon corps se fatigue. Comme une dépendance à combler un besoin, je me nourris de personnes et de moments qui ne font qu’escale à mon port le temps d’un repas…Je voyage dans leurs univers dans l’attente de mon départ prochain, qui semble si loin. Je ne suis pas heureuse, mais encore moin malheureuse. Je suis là tout simplement. Explorant mes propres limites, je redécouvre mes faiblesses d’un autre oeil. Chaque pas m’amène vers une nouvelle avenue à découvrir, et j’apprends…sur moi…

Le vide ressentit durant cette période me confirme le chemin auxquel je crois. Mes valeurs refoulées pour protéger ma chute prennent de plus en plus de crédibilités. Mon passage dans ce monde débridé m’apprends beaucoup sur l’humain en général et sa capacité d’adaptation. Mais je suis si loin de ma route aujourd’hui.

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Ça y est… Jai pris une décision qui me fera prendre une autre route pendant une période fixe. J’ai décidé de quitter mon environnement pour un autre, pour changer l’air vicié en ces lieux, et faire une coupure concrète sur le passé. Bouger pour avancer au lieu de m’enraciner dans n’importe quoi. Je prends un risque en m’aventurant dans une nouvelle dynamique de cohabitation (que je fuyait), j’évaluerai enfin ma capacité à accepter un intrus dans ma demeure, et ma tolérance face à ceci.

Il n’était pas…

Trop rare fut nos rencontres, trop maladroite j’étais à les gâcher de la sorte.  Mais lorsque ce sentiment surgit, je perds tous mes moyens, je balbutie mes mots, mes idées et même mes rires se transforment en fous…Sous mes airs de sociable extravertie, je cache la timidité qui me fige.

Fanny, tu dois lui dire, peut-être est-ce réciproque…

Même les conseils de mes proches ne viennent à bout de ma cage de chair. Je m’auto-convainc d’être une débile profonde qui se monte des histoires à l’eau de rose qui ne tiennent pas la route.

Arrête de penser à sa place, tu te persuades de l’échec sans savoir ce qu’il en pense…

Je joue à Dieu, pensant connaitre la vérité derrière ceci, imaginant le refus sous tous ses angles, sans même n’avoir laisser paraitre une trace de mon intérêt pour lui. Je joue la carte de la négativité à chaque poussée de courage aussi minime soit-elle, basée sur des mots dont je ne connais ni la provenance, ni la pensée directrice.

Tu ne pourras vivre ainsi encore longtemps, il va falloir que tu lui dises…

Je connais déjà la prochaine épreuve, et j’userai d’une mise au défi personnelle pour me donner le courage de parler enfin. Mais le temps n’est pas encore venu, je veux être patiente, je tente de m’effacer avec d’autre pour tenter de trouver pareil sentiments ailleurs, et c’est un échec lamentable. On dirai que j’espère que ceci s’évaporera avec le temps, mais le temps me semble une éternité, et chaque petite intrusion de sa part m’allume les yeux instantanément.

Je vois en lui tout ce qu’il pourrait m’apprendre et ne vois en moi rien qui lui sera utile. Sans me rabaisser, je creuse le fossé d’une différence de niveau culturelle, éducationnelle et intellectuelle. Plus je tente de résoudre le casse-tête, plus je m’éloigne d’une possibilité.

J’en rêve en silence parce que je suis lâche. En silence j’aime l’aimer, et silencieuse le coeur me sert…

Sur un fond de Gainsbourg

Variation sur Marilou

Dans son regard absent
Et son iris absinthe
Tandis que Marilou s’amuse à faire des vol
Utes de sèches au menthol
Entre deux bulles de comic-strip
Tout en jouant avec le zip
De ses Levi’s
Je lis le vice
Et je pense à Caroll Lewis.

Dans son regard absent
Et son iris absinthe
Tandis que Marilou s’évertue à faire des vol
Utes de sèches au menthol
Entre deux bulles de comic-strip
Tout en jouant avec son zip
A entrebailler ses Levi’s
Dans son regard absent et son iris
Absinthe dis-je je lis le vice
De baby doll
Et je pense à Lewis
Caroll.

Dans son regard absent
Et son iris absinthe
Quand crachent les enceintes
De la sono lançant
Accord de quartes et de quintes
Tandis que Marilou s’esquinte
La santé s’éreinte
A s’envoyer en l’air…

Lorsqu’en un songe absurde
Marilou se résorbe
Que son coma l’absorbe
En pratiques obscures
Sa pupille est absente
Mais son iris absinthe
Sous ses gestes se teinte
D’extases sous-jacentes
A son regard le vice
Donne un côté salace
Un peu du bleu lavasse
De sa paire de Levi’s
Et tandis qu’elle exhale
Un soupir au menthol
Ma débile mentale
Perdue en son exil
Physique et cérébral
Joue avec le métal
De son zip et l’atoll
De corail apparaît
Elle s’y coca-colle
Un doigt qui en arrêt
Au bord de la corolle
Est pris près du calice
Du vertige d’Alice
De Lewis Caroll.

Lorsqu’en songes obscurs
Marilou se résorbe
Que son coma l’absorbe
En des rêves absurdes
Sa pupille s’absente
Et son iris absinthe
Subrepticement se teinte
De plaisirs en attente
Perdue dans son exil
Physique et cérébral
Un à un elle exhale
Des soupirs fébriles
Parfumés au menthol
Ma débile mentale
Fais tinter le métal
De son zip et Narcisse
Elle pousse le vice
Dans la nuit bleue lavasse
De sa paire de Levi’s
Arrivée au pubis
De son sexe corail
Ecartant la corolle
Prise au bord du calice
De vertigo Alice
S’enfonce jusqu’à l’os
Au pays des malices
De Lewis Caroll.

Pupille absente iris
Absinthe baby doll
Ecoute ses idoles
Jimi Hendrix Elvis
Presley T-Rex Alice
Cooper Lou Reed les Roll
Ing Stones elle en est folle
Là-dessus cette Narcisse
Se plonge avec délice
Dans la nuit bleu pétrole
De sa paire de Levi’s
Elle arrive au pubis
Et très cool au menthol
Elle se self contrôle
Son petit orifice
Enfin poussant le vice
Jusqu’au bord du calice
D’un doigt sex-symbole
S’écartant la corolle
Sur fond de rock-and-roll
S’égare mon Alice
Au pays des malices
De Lewis Caroll.

Le gêne player…

De père en fils, puis le petit-fils, depuis trois générations ils se passent le flambeau. Coureur de jupons à l’infidèle, puis guidoune, depuis trois générations les mots changent mais se ressemblent. Libertinage… cherchant les valeurs derrières ces actes, seule la liberté d’action est la ligne directrice de leurs vies, ils jouent à saute mouton avec ces belles d’un soir, parfois sans lendemain, parfois maitresse d’un temps incertain. Commencer n’a d’égal que la fin, poser le premier pas signifie poser le dernier. Sans jamais savoir qui, comment et quand, tout a une début, un milieu et une fin. Ne jamais rêver à l’une, les voulant toutes, le concept de couple est synonyme de prison de l’être dans ce monde de cocus sans fin. Melt-pot de jeunes, de trentenaires et de matures, les femmes passent et repassent, nourrissant les soirées hebdomadaires de ces hommes dépourvus d’amour sincère. Femmes naïves des temps modernes, certaines s’y piquent à trop vouloir, espérant une réhabilitation pourtant impossible…Ces hommes sont dotés d’une intelligence remarquable, et d’un savoir faire à toute épreuve. Très cultivés, ils étonnent, surprennent les plus incrédules qui finissent par leur ouvrir une porte. C’est un jeu pervers de manipulation de l’esprit, volontaire ou non, cherchant la faille en chacune. Lorsque qu’avec doigté ils exercent une légère pression sur la faiblesse ainsi cernée, la proie, inaccessible par sa froideur, craque soudainement laissant paraitre ce léger sourire complice. L’ouverture s’est créée, il ne suffit que d’entrer…Malgré la réputation qui les devance, dans un même environnement, 90% des femmes présentes se laisseront tentées, qu’elle soient en couple ou non.  Les plus farouches de par leur situation matrimoniale, n’effectueront qu’une mise en bouche de l’Adam, se déresponsabilisant ainsi d’un acte d’adultère en soit. L’exercice oral n’a donc pas le même impact que la pénétration complète. Culpabilité refoulée derrière le degré de la gravité de l’acte, elles auront comblé leurs lacunes respectives d’un questionnement sur le désir qu’elles peuvent encore provoquer sur le genre masculin.

Mais au delà de cette victoire de séduction passagère, elles oublient la réalité assassine de n’être qu’un piètre pion sur l’échiquier où le Roi règne par son contrôle. Elles se croient Reine d’un moment, mais la Reine est tombée il y a fort longtemps. Inexistante dans ce royaume libertin, les fous rient de bon coeur devant les histoires croustillantes du souverain.

Comment juger ces hommes sans juger ces femmes, car sans ces femmes ils n’existeraient pas…Sont-ils plus coupable que ces belles faisant la file devant leurs portes? C’est un jeu qui se joue à deux….ou à plusieurs…Ils ne font que répondre à la demande, oui, tout est une question d’offre et de demande…

Colis recherché

Qui m’a ainsi kidnapper, qu’aucun autre puisse me toucher, inaccessible je suis. Je m’imagine avec l’un ou l’autre, je rêve de moments à leurs côtés, sans jamais vouloir concrétiser, sans vouloir y croire. Tout reste rêves, car en personne je ne crois, ou peut-être est-ce moi qui ne me crois pas…Incapable de voir à long terme, je reste dans un étau confortable qui cloitre mon coeur et les blessures éventuelles. Elles sont pourtant présentent dans le court terme, toute rencontre qui s’essouffle s’accompagne d’un deuil, aussi amical soit-il. Un mal bien différent par la durée de son existence, par la plaie superficielle qu’il laisse. Une douleur nécessaire qui me rappelle qu’aussi infime soit-elle, l’écorchure me brule la peau. C’est tout ce qui me reste d’humain dans mon monde de froideur, ce pincement, ces nœuds coulants aux intervalles irréguliers, comme des entailles de rasoir sur ma peau de bébé. Je ne trouverai rien d’autre que ces multiples piétons sur ma route, parce que je n’ai pas de quête précise, je me sens figée dans un bloc de marbre. Je n’espère pas, je ne crois plus, je ne vois rien. J’ai pourtant la bonne clé cachée quelque part, mais dans tout ce fouillis, ma main ne la reconnais plus.

Je connais mon kidnappeur, je sais précisément où il se cache, mais lui ne sait plus où il se trouve. Sa mémoire fait défaut, malgré mes négociations, il ne lâche pas le morceau. Je souhaite qu’un jour il s’évade de sa prison, laissant derrière lui l’organe de mes battements, pour que ma dernière visite soit récompensée par ce colis trainant à mes pieds. Retrouver enfin la pièce manquante de ce puzzle, me permettant de coller mon image sur un carton complémentaire et ainsi exposer l’œuvre de ma vie, maintenant réunit. Mais cette chorégraphie n’est qu’illusion. Mes rêves sont flous et imprécis, et je les aime ainsi.

Que mon coeur m’ait été retiré, c’est une bonne chose, pour le moment. J’ai seulement la crainte de ne plus le revoir, car malgré ses faiblesses, il me faisait vibrer. Encore fragile, je veux prendre le temps de solidifier mes fondations, avant qu’un ras de marrée m’engloutisse de nouveau, me noyant dans son eau…

Ses yeux

Ce regard me manque. Lorsqu’il me tenait la tête fermement entre ses mains, ses yeux dans mes yeux, regard perçant qui voulait me rassurer, et qu’il me disait que tout va bien, qu’il sera toujours là, d’avoir confiance, entre ses bras rien ne pouvait m’arriver. Ce regard pesant d’une confiance en soi, d’une force inébranlable. Celui qui le rendait fier et important, celui qui le rendait utile, qui lui donnait sa raison d’être à mes côtés…Ce regard attentionné, intéressé, curieux de savoir, de connaitre mes pensées profondes, et ses lèvres, pincées, mordillées attendant ma réponse. Ses lèvres qui pesaient chaque lettre, chaque mot, accompagnant son regard, ses mains dans mes cheveux, face à face, connecté, puis son Je t’aime…bien prononcé, bien pesé, un je t’aime d’une importance capitale, comme s’il me le disait pour la dernière fois, intense moment pour s’assurer que je ne l’oublierai jamais…Et c’est réussi…Dans mes oreilles cet air de déjà entendu me plonge plusieurs mois en arrière, injections d’images du passées dans ma tête reposée, je me revois…là…à ce moment, l’image est clair, précise…Ce bleu, ce gris, ces éclats de terre rayonnant parcimonieusement au milieu de l’iris, ces yeux profonds, convaincants, déchirants…Et me voilà, maintenant, prise dans cette image figée, sans issue. En manque. En manque de ce sentiment, de ce regard perçant. Qu’une larme coulant sur mon visage, qu’une seule marquant cette époque. Ce n’est guère cette personne, pas plus que cet échec. C’est ce regard intense, aimant, réconfortant. Celui qui me fait croire au vrai, au possible. Celui où j’aime m’abandonner, celui qui me donne cette force d’aimer encore. Le regard que je ne vois plus, celui disparu, celui que je fuis désormais…Mais cette musique, qui vient frapper à ma porte ce soir, celle qui a fait ressortir cette image que je ne voulais plus affronter, j’ai été vaincu.

L’érection au diapason

Cette pression, cette rondeur au creux de l’aine me faisait perdre la tête. Si dur, si bon. Sous ce tissu extensible se dressait l’objet de mes fantasmes. Glissant quelques centimètres plus bas, il s’appuya sur le bord de mes lèvres. La dentelle ornant ma demeure ne faisait guère obstacle à nos ardeurs. Chaque pression de son membre sur ma peau dégageait un peu plus l’entrée de ma cavité. Ruisselante de désir, j’étais prête à l’accueillir chaleureusement. Dévêtu, je le regardait déployer son attirail dans toute sa splendeur. Ma main glissa le long de son torse à la rencontre de son érection. De la base s’érigeait ce monument, plus solide qu’à l’accoutumée, plus dur que le roc…Mes doigts enroulés autour de sa tour, j’exerçais une pression augmentant la sienne, mais quel est ce changement soudain? L’intensité de son érection me creusa l’appétit. Ma bouche se noyait d’un débit de salive inhabituel devant cette dégustation éminente.  La douceur du gonflement de son gland caressait le bord de mes lèvres gourmandes. Ma langue s’appuya sur cette mise en bouche, léchant ce beau morceau tel un cornet de glace rafraichissant, contournant vers la gauche, puis la droite pour enfin engloutir toute sa rondeur de mes muqueuses assoiffées. Pénétrant au profondeur de ma gorge, mon excitation explosa. Jamais son membre n’avait été aussi gros, aussi dur, aussi bon.  Il m’avoua s’être abstenu de masturbation durant les deux derniers jours dû à l’irritation causé par l’abus de nos prestations. Je lui ai fait part de ma satisfaction contrastant avec toutes ces fois où il n’érigeait qu’un semi bandage décevant. C’était enfin le bon moment pour assouvir mes instincts vicieux, c’est ce soir qu’il me prendrait par derrière. Depuis si longtemps je n’avais vécu l’extase d’une bonne queue me ramonant l’entre-jambe, sentir sa verge au fond de mon ventre en demande. Exposant mes deux orifices à Monsieur, le cul bien dressé vers le ciel, il saisit le galbe de mes fesses et ne s’inséra qu’à l’entrée de ma voute pour mon plus grand plaisir. Jouant l’agace de mon désir, il recula, puis d’un geste vif et violent, me pénétra profondément. Je gémis de bonheur devant cet élan, j’en redemandais encore et encore. Entendre le claquement de mes fesses sur son ventre, sentir ses testicules frôler mon clitoris à chacun de ses coups, sa main me tirant les cheveux vers l’arrière et l’autre s’appuyer sur ma chute de rein, un pur bonheur, l’extase de se faire défoncer de la sorte, l’image m’allumait. Tantôt saisissant ma taille pour activer la cadence, tantôt me laissant prendre les rênes de ma jouissance.  Mes yeux mangeaient le reflet de nos corps à contre jour sur son miroir, corps noir sur fond bleu, lueur du matin en devenir, j’aimerai venir. Mais Monsieur, malgré tout son bon vouloir, me laissera sur ma faim encore, sa fatigue lui a ramolli l’engin, il est vidé, je l’ai vidé…La bouche pleine de sa décharge, je reste déçue de n’avoir atteint le plat principal, quand vais-je gouter au dessert, celui qu’on me promet à chaque apéro?

C’est comme ça

-Je l’aime…

-Tu l’aimes?

-Oui

-Depuis quand?

-Toujours

-Donc, tu le connais bien?

-Non

-Tu ne le connais pas?

-Non

-Et tu l’aimes?

-Oui

-Comment?

-Je ne sais pas

-Je ne comprends pas…

-Moi non plus…

-…

-C’est inconditionnel, je l’aime tout simplement…et l’aimerai toujours.

Cuisine-moi

Je lui beurra grassement l’abdomen avec le plaisir de mon abandon, puis, elle utilisa ma lotion pour s’en crémer le corps. Le mélange de sa transpiration avec le fruit de mon dur labeur faisait une émulsion particulièrement laiteuse rappelant le biberon. On aurait dit deux hyènes spermivores ayant traversées le désert sans eau tellement nous avions soif de ce vicieux liquide. Il faut dire que je l’avais prise comme un poisson à chair grasse cette petite. Une fois je l’avais bien apprêté, saisie côté peau, et, au moment où elle devenait croustillante et dorée, je l’avais retourné côté chair afin de terminer mon travail minutieux de cuisson, puis lui ajouter une chaude louche de mon court-bouillon en ébullition, la laissant ainsi frémissante, prête à être déposée sur assiette et servie à notre client, son époux, mon frère…

Le Cuisinier

(Ce texte découle d’une soirée de création automatique, pondu en quelques minutes à partir d’une phrase maitresse…Merci au cuisinier qui se prêta au jeu, et qui accepta la publication de cette ébauche)

Fait Néant

On s’crééérait à Drummund, tsé Drummundville

Le chauffeur n’a pas tord. Les rues sont désertes. La ville est fantôme au milieu de cette nuit. La neige qui tombe a vêtue la peau d’un grésille pinçant le visage. Le vent cinglant me brûle les joues, j’ai le coin des yeux glacé par mes larmes figées. Montréal ressemble à un rave fini ou seuls les insignes de taxi percent le gris de ce monde urbain, comme les danseurs exténués trainant leur glow stick à la recherche de leur lucidité égarée.

Qu’est-ce que je fais ici? Je viens de quitter cet ami, bêtement devant la porte ou il était invité, je l’ai suivi parce qu’un peut-être en avais-je envie, de finir cette trop longue journée devant un verre en sa compagnie…Mais j’ai le cerveau en bouillit, mes dix sept heures de travail aujourd’hui m’ont ramolli.  Nous avons roulé vers le sud, m’éloignant de ma nordique demeure, pour réaliser que finalement je ne veux pas jouer cette partie. Qu’une poignée de main marquant la fin d’une soirée dont il avait faim.

Je reprends ma route vers le nord sans trop comprendre mon état. Mon regard est vide pourtant mes yeux sont pleins d’images. Je tente de réfléchir sur ma vie mais la switch est à off. D’ouest en est je traverse le quartier de tant de souvenirs. Une photo de l’endroit où se rassemblait tous ces Grecs, ou peut-être était-ce des Portugais, je ne sais plus. Les bars sont fermés, j’ai comme une envie de café…

Passant devant le Parc Lafontaine, je me rapproche de sa demeure. Sa chaleur me ferait du bien, je viens pourtant de le larguer coin St-Urbain…

J’avais peut-être un trop plein, je voulais m’entourer de rien, je pense en vain, je ne sens plus mes mains. Mes bottes mangent la neige sur des kilomètres, je viens de tourner à gauche sur Iberville, quand enfin ma tête m’envoie un message clair: STOP! Apercevant l’overpass, la chienne de continuer ainsi me paralyse. Pas de taxi à l’horizon, j’arrêterai ici, devant cette bâtisse, seulement pour donner une adresse, pour qu’enfin mes membres se reposent et se réchauffent. Pourquoi tout ce temps dans le néant, dans mon vide? Pourquoi geler de la sorte pour qu’une banquette me réconforte? Je resterai sans réponse, décidément je suis morte…

Chauffeur, reconduisez moi à ma porte…

Évacuer

Blocage d’un trop de fatigue, brûlée, vidée par une agréable journée débutant avant l’aube, sur le neutre je compose, je tourne en rond dans mon esprit rempli d’images, de rires et de soleil. Épuisée physiquement, stimulée mentalement, j’aimerai avoir la capacité de laisser couler ces mots, seulement pour entendre les clapotis de l’eau sur mon âme, limpide et clair, m’hydrater de ces récits qui tourbillonnent sans cesse, sans issue…Trop de beau, trop de bon, peu de mots, peu d’abandon.

J’emprisonne mon bonheur dans ma chair lépreuse, le mal à dire me fait souffrir, quand vais-je revenir de ce silence qui s’étire, permettez moi d’écrire. La plaie béante cicatrisée, s’est refermée, mes mots emprisonnés sous le sang coagulé.

Volcan crachant sa lave brûlante, souffle de cendres goutant le renouveau, je rage d’asphyxier mon engouement sous cette couche de néant. Panique à bord je dois évacuer la pression énergisante, l’explosion de vitalité sur le bord des lèvres, je cherche l’endroit de ma prochaine déchéance. Surexcitation renfermée, je dois m’en libérer, par la musique mon évasion sera violente.

J’arpenterai les rues de ma libération ce soir, pour qu’enfin mon désir, mon besoin d’extérioriser mes pulsions soit comblé…

Corps déchainé, sous l’acool absorbé, je danserai…

Message reçu

-Allo?

-Salut mon amour! Je voulais savoir ce que tu faisais demain, j’ai un rendez-vous à sept heures à Montréal, alors entre quatre et sept on pourrait se voir?

Surexcitée par cette demande, j’accepte volontiers. Cela fait plus de deux mois maintenant que je n’ai pas vu mon confident, et je m’ennuyais vraiment de nos conversations en profondeurs.

Bras dessus bras dessous, nous déambulons sur Mont-Royal à la recherche d’un bar quelconque, pas trop achalandé, question de se parler franchement.

-Wow, t’as vraiment l’air bien! C’est qui?

-Personne…

-Heille arrête ça, tu ne peux pas me mentir, c’est qui le chanceux?

-Y a personne je te jure!

-Bon alors qui sont les multiples hommes fréquentant ton lit?

-(rire)…non, non, je suis très sage ces temps ci…Je me contente d’un seul…

-Ben là, juste un, t’es sur? pas quatre, ni cinq?

-Franchement, t’exagère un peu…mouin, c’est vrai que j’ai eu des périodes plus hard…Mais sérieusement, je n’ai pas à me plaindre, je suis plutôt comblée…

-Est-il grand? Beau? Il a quel âge? Y en as-tu une grosse?

-Arrête ça tout de suite, il n’est pas gai…mais très ouvert par contre…

Nos rires se mêlent aux conversations des passants, il me bombarde de questions, j’ai piqué sa curiosité.

-Il n’y a rien entre nous. C’est seulement une personne avec une belle folie comme moi, on s’entend à merveille parce que rien n’est tabou…Une très belle complicité sans plus…

-C’est bon d’avoir un fuck-friend pour apaiser tes ardeurs.

-Ce n’est pas un fuck-friend…

-Ben là, vous avez surement des points en commun, des choses que vous aimez tous les deux, des passions partagées, des discussions sur divers sujets?

-Pas vraiment non, les seules conversations que nous avons tournent autour du sexe, de ses anciennes expériences, des miennes, etc. Je ne peux pas vraiment le considérer comme un ami, d’où l’absence du mot friend après le fuck…Et encore là le fuck n’est pas pertinent non plus…

-Vous baiser quand même?

-Pas vraiment, ça dépends…C’est plutôt compliqué, mais c’est pourtant si simple. On ne se pose pas de question, on vit le moment présent comme il vient…En fait ce que j’aime de cette relation c’est qu’il y a beaucoup d’humour. On rit tellement ensemble, même dans le lit, on se fait rire régulièrement sans qu’aucun de nous ne ressente de malaise. C’est vraiment agréable de s’éclater de la sorte!

-Wow, de la façon dont tu m’en parle, c’est un bon gars pour toi…

-Heu…non, pas vraiment. C’est bien pour passer le temps et recevoir de l’affection, mais c’est un gars qui ne peut s’attacher. Il ne peut choisir une femme, il les aime toutes et tombera toujours dans les bras d’une autre belle…sauf que dernièrement, son discours m’étonne un peu…

Nos verres se vident à une vitesse folle, on se commande une deuxième Grosse histoire de prolonger notre plaisir, l’état second fait soudainement son apparition…Je continue d’élaborer sur le discours de ma muse et ses marques d’affections momentanées…

-Laisse la vie fait son œuvre, de la façon dont tu m’en parles, le gars va surement avoir une réflexion sur sa vie dans pas long…Ça ne me surprendrais pas qu’il finisse par te déclarer ses sentiments…

-Heu…non. Tu ne le connais pas, il ne ferait jamais cela. Il est comme ça, c’est tout…

-Oui mais si…

-Il n’y a pas de si.

-D’accord, mais s’il…

-Non, oublie les si, ça n’arrivera jamais…

-Laisse moi parler…S’il décidait de faire un bout de chemin avec toi, t’auras juste à mettre tes conditions…

-Oublie ça, j’en serais incapable. Si je décide de m’aventurer dans ce genre de relation, je devrais mettre mes sentiments de côtés, il n’y aura pas d’amour alors à quoi bon changer ce qui est déjà…et de toute façon, je ne l’aime pas d’amour…

-Ouais, t’as peut-être raison…

Deux quilles et demi plus tard, la tête lui tourne. Il est sur son départ, ce fut trop court, il me manque déjà.

-Je vais justement chez lui, je dois ramasser un article qu’il m’a mit de côté.

-Tu vas coucher là?

-Non, je ne crois pas. Déjà deux soirs cette semaine, c’est trop. Je n’ai pas envie de le fréquenter sur une base régulière, je me protège en même temps, je risque d’y prendre gout…

-Arrête de te mentir à toi même, tu le sais que tu vas finir la nuit dans ses bras…

-Non!…ben…sais pas…Je me sens mal un peu, je suis légèrement saoul, je vais arriver chez lui dans cet état…ah pis fuck, je dois y aller, il m’attends…

-Ok mon amour, french le pour moi. Je t’aime pis on se revoit bientôt…

Mes pas titubent sous l’effet de l’alcool, je voulais arrêter casser la croute, mais la tête me tourne trop, j’attendrai plus tard.

La porte est débarrée. Mon corps se cogne sur le mur longeant l’escalier, arrivé en haut, une légère odeur de pot plane dans l’air.

-Désolé, je suis un peu saoul…C’est vraiment pas facile…

-Ah toi aussi…Moi je viens de fumer un joint et je suis un peu perdu aussi…

-Tant mieux, au moins je ne suis pas seule dans cet état second…

Assise à sa table, la tête me martèle violemment.

-Alors tu as mangé?

-Non…J’étais un peu trop fuckée, je me suis dis que j’attendrai plus tard pour avaler quelque chose.

-Je peux te faire à manger si tu veux, j’ai du poulet, des fèves germés, des vermicelles…

-Non non, je ne suis pas venue ici pour ça, merci mais je mangerai plus tard…

-Oh allez, s’il te plait, dis oui… J’ai envie de te faire à manger et je comprends parfaitement l’état dans lequel tu es. En boisson, sans l’gout de cuisiner mais avec le ventre creux, laisse moi te faire quelque chose…

-Bon d’accord, si t’en as vraiment envie…

Ses gestes maladroits me font rires.

-Ça fait très longtemps que je n’ai pas cuisiné pour quelqu’un…

Dix minutes plus tard le repas est servie, entre les verres de bières vides et les bouteilles, les carcasses de paquets de cigarettes et les briquets, on s’installe dans un fouillis indescriptible pour notre repas improvisé.

Le souper se transforme rapidement en jeu de séduction incrédule. Trempant son doigt dans la sauce piquante, il s’en caresse les phalanges sensuellement exposant un sourire vicieux. Prenant un vermicelle dans ma bouche, je le suce tranquillement, sortant ma langue pour l’aguicher. Il se penche de sa bouche tendre et affamée, embrassant la sauce tel un sein bien dressé. Mon rire enterre la musique ambiante…

-Fais moi penser qu’il faut que je t’embrasse pour quelqu’un…

-Ah oui? qui?

-Tu le sauras en temps et lieu…

-Quand?

-Quand je t’embrasserai…

-Est-ce que je peux t’embrasser alors?

-Bien sur…

Il s’approche doucement, me prends la tête entre ses mains. Nos bouches se fusionnent, nos langues se mêlent, baiser passionné, baisé envoutant. Ses mains me caressent la nuque, puis la taille pendant qu’une des miennes lui caressent le visage et l’autre se perds dans ses cheveux. Une douce saveur de tendresse puis…

-Ce french est une gracieuseté de David…

-Heu…pardon?

-Je ne fais que transmettre les messages…


Cents attaches

- J’ai envie de t’embrasser…

Incapable de résister, incapable de refuser, l’alcool coule dans nos veines sous nos pulsions incontrôlables. Plaquant ma muse sur le mur de brique, nos bouches se dévorent violemment. Cinq pas plus loin, le même cirque recommence, cette fois le poteau de signalisation servira de soutien, son corps appuyé et mes mains enlacés agrippent ce dernier, il ne peut s’échapper.

-Je ne sais pas pourquoi j’aime tant t’embrasser…Oui, j’aime vraiment…

Cette nuit la route est longue jusqu’à sa demeure. La fréquence de nos arrêts dépasse le nombre de véhicules croisé en chemin. Dépassant le parc de la dernière fellation, il me prends la main.

-J’aimerai me réveiller à tes côtés demain matin

-Voyons, pourquoi tu me dis des choses de mêmes?

-Je ne sais pas, je suis seulement bien et j’ai le gout d’être dans tes bras à mon réveil….

Ces derniers mots tentent de percer mon coeur éteint. Cette relation où l’amour n’existe point semble prendre un autre tournant. Il prends ma main comme un couple le ferait, je suis un peu mêlé devant ces élans d’affections, je ne sais plus quoi penser.

-Je ne sais pas pourquoi je prends ta main, même si c’est têteux, j’en avais envie

-Ce n’est pas têteux, juste spécial venant de toi

-Je me sens bien avec toi c’est tout…Embrasse moi…

Nos pas s’arrêteront encore et encore, entre les échanges sur nos anciennes relations sérieuses ou éphémères.

-Je ne peux m’attacher, je ne veux plus. J’évite tout rapprochement sérieux pour le moment, quand rien n’est sur, j’évite d’avoir ou de provoquer de la douleur.

-Et bien moi je m’attache toujours un peu. (Pensant en silence dans sa tête il revient) Oui, je peux m’attacher…mais ça dépends qui…

C’est la première fois qu’il évoque le fait de s’attacher, ne serait-ce qu’un lapse de temps à une personne, lui qui rejette la moindre marque d’affection relationnelle en coupant les ponts à la première faiblesse de l’autre partie. Ses paroles ce soir sont différentes, ses mots ne viennent pas de celui que je connais, que se passe-t-il dans sa tête en ce moment…

Sous la couette, je lui fait dos. Sa tête appuyé contre la mienne, son nez bien enfoui dans ma nuque, il me serre contre lui. Je me retourne pour lui faire face, nos corps s’emboitent parfaitement, il gémit de bien-être.

-J’ai vraiment le gout de t’embrasser, encore…

Un baiser, beaucoup plus doux, beaucoup plus tendre, un baiser rempli d’amour, l’amour absent de nos vies.

-Désolé si je te serre dans mes bras, mais j’aime vraiment ça, je suis si bien…

Désolé. Oui, le mot qu’il me répète de plus en plus souvent, comme pour se faire pardonner d’un geste dont il est coupable. Coupable de quoi? Est-il en train de ressentir un manque en mon absence, lui qui évoque le fait que je ne lui ai pas encore téléphoné depuis quelques semaines de fréquentations anodines.

-J’aime vraiment ton humour, je ne pensais pas que tu étais comme ça…

Bon ça y est, il me parle d’humour et de caresses. Le soleil perce les rideaux, il doit être tard, je devrai partir maintenant…

-Reste encore un peu…

Je fais la sourde oreille à sa demande, ce ne serai pas très sain et de toute façon on se revoit ce soir.

Le soir venu, on se questionne sur la pertinence de prendre un verre, la fatigue nous accable, nous n’avons pas dormi depuis plus de 36 heures maintenant. Il m’invite à retourner chez lui, mais je n’en suis pas sur, trop de sommeil à récupérer, et deux soirs collés c’est beaucoup trop de jours consécutifs à ses côtés. Je terminerai quand même ma soirée chez lui, et malgré nos lourdes paupières, il ne peut s’empêcher encore…

-Est-ce que je peut t’embrasser? Et te serrer dans mes bras? Je suis vraiment désolé, je ne sais pas pourquoi tu me donnes ces envies de caresses…et tu m’excites vraiment beaucoup…

-Je t’excite? Pourtant je ne fais absolument rien pour t’exciter, j’essaie seulement de dormir!

-Je le sais….je ne comprends pas…

Le lendemain matin nous partirons ensemble chacun vers nos lieux de travail respectif. Avant le départ, je cherche un moyen de louer un article pour une prochaine activité, téléphone à la main, je discute avec ma mère qui me confirme l’équipement qu’elle peut me fournir et celui qu’elle n’a pas.

-Est-ce cela que tu cherches?

(Dans sa main il me montre exactement ce dont j’ai besoin)

-Oui, c’est cela

-Tu peux les prendre si tu veux, ça va ma faire plaisir de te les prêter…

-D’accord mais je n’amènerai pas cela avec moi au travail, c’est un peu gros…

-Tu as juste à venir les chercher quand tu veux. Ça sera une bonne raison de te voir. Tiens je les laisse ici, la porte sera débarrée pour toi, appelle moi quand même avant de passer, ou laisse moi un message…Je peux aussi te fournir ceci et cela…(Il se creuse la tête pour trouver tout ce dont j’ai besoin, comme s’il voulait me satisfaire)

Pourquoi suis-je si ébranlée par son attitude? Pourquoi ses phrases me font penser à l’amour? Je ne suis pas amoureuse, et lui non plus. Il ne connait pas vraiment ce sentiment, il n’a jamais été en amour. Pour lui, choisir une personne c’est inconcevable. Pourtant, ses gestes et ses mots à mon oreille ressemblent drôlement à ce sentiment. Est-il en train de se faire prendre à son propre jeu?  Est-ce mon indifférence à sa personne qui le travaille ainsi? Ses autres muses lui laissent régulièrement des messages, ou lui font des cadeaux de tout genre, moi, je reste muette et froide, je ne coure pas après, je ne le complimente pas sur rien, ni même ses performances, non rien ne sort de ma bouche en sa présence. Essai-t-il d’atteindre une corde chez moi? A-t-il envie de plus? Comment un homme qui se fou de tout, qui ne s’attache à rien jamais, peut ainsi laisser parler ses envies? Peut-être n’est-il pas habitué de se faire ignorer de la sorte? Pourtant c’est lui qui demande cela à la base…Il ne veut pas sentir quelconque attachement de la part de ses conquêtes, mais soudainement c’est lui qui m’en démontre. Étrange non?